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Les 18 étapes pour autoproduire votre CD, DVD ou Blu-ray

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Version vidéo de l’article sur YouTube :

C’est décidé : vous allez accomplir votre rêve.

Sortir votre propre CD.

Mais par où commencer ?

Ce parcours du combattant vous demandera beaucoup d’énergie.

Peut-être que vous vous découragerez.

Peut-être même que vous rognerez certaines étapes pour gagner du temps.

Et là, la qualité s’en ressentira…

Cette aventure est vraiment fascinante.

Comment y parvenir ?

Quelles étapes devez-vous suivre, et dans quel ordre ?

C’est parti…

Étape n°1 : La composition et l’écriture

Une partie extrêmement intéressante pour nous, les musiciens.

Finalement, c’est souvent cette étape qui vous motive à poursuivre toutes les autres.

Étape n°2 : Déclarer vos titres à la SACEM

J’ai publié un article Comment déclarer un titre en ligne à la SACEM en 5 minutes, ici.

Même si maintenant les déclarations de titres sont plus rapides qu’avant, il faut que vous songiez à votre inscription qui, elle, est loin d’être immédiate (voir autre article Comment protéger votre musique (SACEM et autres), ici).

Il est dommage de repousser un pressage de CD parce que vos titres ne sont pas encore protégés.

Si vous voulez déclarer tout en ayant la possibilité de faire des modifications, vous pouvez utiliser les déclarations en mode « brouillon ». Ainsi, vous pourrez toujours modifier votre musique par la suite. Ne pas oublier de faire la déclaration définitive ensuite.

Étape n°3 : Financement

Anticipez votre budget.

Évaluez combien vous coûtera chaque étape de cette liste.

Il est impossible de vous donner un montant, car il dépend :

  • du nombres de copies,
  • du studio choisi,
  • de la durée de location de ce studio,
  • du coût du matériel si vous faites tout vous-même,
  • du coût de la com,
  • de la facture SDRM,
  • etc.

Vous pouvez opter pour un financement participatif.

Il existe de nombreux sites spécialisés.

Grâce à cette solution, vous aurez même une idée du nombre de fans intéressés par votre projet, et vous pourrez commander un nombre d’exemplaires en conséquence.

Si vous avez de bons fans, impliquez-les ! Ils peuvent vous aider. Vous pourrez leur offrir votre œuvre une fois achevée.

Étape n°4 : Réservez votre studio

Prévoyez le temps nécessaire aux répétitions préalables, ne soyez pas trop pressés !

Étape n°5 : Annoncez que vous entrerez en studio pour enregistrer votre album

Publiez des news sur les réseaux sociaux, prévenez tout le monde et créez l’événement !

Votre com sera facilitée après.

Étape n°6 : Les répétitions

Soyez prêt pour le studio.

Ayez en tête que chaque petit problème musical prendra de plus grandes proportions pendant les sessions d’enregistrement.

En studio, on entend tout, même ces petites imperfections qui semblent anodines en concert…

Et ici le temps coûte cher.

Soyez propres, jouez carré, en rythme et surtout ENSEMBLES.

Attention aussi à ne pas jouer de façon mécanique, cela reste de la zic’.

Étape n°7 : Enregistrement en studio

Ne laissez rien passer.

Étape cruciale.

Que ce soit chez vous ou ailleurs, la phase d’enregistrement est la plus importante.

Si vous la ratez, c’est l’album qui sera raté.

Les phrases du genre : « La prise de son n’est pas top, on verra au mix ! » vous garantiront de sérieux problèmes …

Certains même diront : « On verra au mastering. »

AïeAïeAïe…

Ce sera un souvenir inoubliable. Photographiez et filmez ces moments.

Vous pourrez ainsi monter des petits making-of que vous pourrez diffuser.

Étape n°8 : Montage et mixage

Soyez content du résultat.

En terme de timing, si vous avez accumulé du retard pendant l’enregistrement, vous serez peut-être tenté de mixer rapidement.

Mais vous aurez des regrets.

Vous entendez une petite imperfection ?

Il y en a toujours un pour dire :

« Ce n’est pas trop grave, dans l’ensemble ça passe. »

Souvent à juste titre, d’ailleurs.

Vos fans n’en auront peut-être conscience, mais c’est ce petit défaut que vous entendrez à chaque écoute.

Vous aurez toujours ce sentiment d’insatisfaction.

D’autant plus qu’avec les outils d’édition actuels, tout est possible. Ce n’est qu’une question de temps et de compétences.

C’est certainement le plus gros avantage d’enregistrer chez soi. Vous pouvez prendre votre temps pour tout peaufiner plutôt que de payer des jours supplémentaires de studio.

Ceci dit, les compétences d’un bon ingé-son valent de l’or…

Pensez-y.

À moins que vous ne soyez le roi de l’autosatisfaction, il vaut mieux tout retarder que de sortir quelque chose qui ne vous plaît pas.

Étape n°9 : Le mastering

Cette étape est souvent la moins connue. Elle est pourtant primordiale.

C’est la dernière avant le pressage.

À quoi sert-elle ?

Elle « adaptera » votre mix au support de diffusion auquel vous le destinez.

Votre titre doit sonner sur des chaînes Hi-fi de haute qualité, mais aussi sur des auto-radios, au casque, en stéréo et en mono, etc.

Il doit aussi répondre aux normes de diffusion des radios. Sinon, il ne sera pas diffusé.

Il est parfois bon de le faire faire par une oreille extérieure.

Une fois cette étape terminée, vous aurez votre « master » que vous pourrez envoyer au pressage.

Étape n°10 : L’infographie de la pochette

J’ai mis cet item après le mastering, mais vous devez commencer à y réfléchir bien avant.

Photo ?

Dessin ?

Infographie ?

Livret de paroles ?

Qui se charge de quoi ?

Dans tous les cas, si vous le faites vous-même, consultez les chartes d’impression.

J’en parle un peu dans mon article sur le pressage, ici (Comment presser et dupliquer vos CD, DVD, Blu-ray ? L’étape finale !).

Vous devez avoir une identité graphique.

Soyez cohérent avec votre affiche de concerts, vos bannières et photos de réseaux sociaux.

En un coup d’œil on doit comprendre que c’est le même groupe.

Étape n°11 : Authoring DVD ou Blu-ray

Si votre bébé est un DVD, vous devez avoir fini ou au moins bien avoir démarré l’infographie de votre pochette avant l’authoring.

Tout cela dans le but d’être cohérent, et d’avoir une unité graphique entre votre pochette et le contenu du DVD.

Vous pourrez même utiliser vos fichiers de pochette pour élaborer vos menus.

Tant qu’on y est, profitez de l’occasion pour monter une bande-annonce.

Étape n°12 : Pressage de votre CD, DVD ou Blu-ray

Tout est enfin prêt ?

Vous avez votre master ?

Votre pochette ?

Voici l’étape du pressage.

Prenez bien en compte les délais de fabrication et de livraison.

Anticipez même d’éventuels retards. Les causes peuvent être multiples :

  • livraison,
  • problème graphique,
  • format de fichiers,
  • master non lisible ou non conforme

Cela arrive souvent.

Étape n°13 : Publiez votre album en version numérique dans le monde entier

Le site Zimbalam, par exemple, vous permet de la faire pour une petite quarantaine d’euros.

Pour ce prix, votre album sera présent sur toutes les principales plateformes de téléchargement (iTunes, Amazon…).

Il y a bien sûr d’autres sites.

En plus, vous pourrez choisir d’envoyer ou non les empruntes de vos titres sur YouTube.

L’intérêt ?

Si vous publiez des vidéos avec vos musiques, ou si d’autres personnes le font, vous toucherez de l’argent provenant de la publicité.

Mais ne vous attendez pas faire fortune avec ça.

Si on compte 1 € pour 1000 vues, sans compter la commission de Zimbalam, pas de quoi devenir millionnaire !

Attention, certaines plateformes refusent les albums pour enfants, car jugés trop nombreux. iTunes par exemple pose problème.

Étape n°14 : Tournez un ou plusieurs clips vidéo de vos titres, un making-of…

À l’heure actuelle, beaucoup de choses se passent par la vidéo.

Cela pourra aussi être un outil de démarchage pour vos concerts.

Étape n°15 : La com

Passage très important qui ne fait pas en général partie des priorités des musiciens.

Cette étape n’en est pas une, car elle doit être omniprésente durant tout le projet.

Utilisez :

  • les réseaux sociaux,
  • YouTube,
  • l’emailing,
  • contacter des journalistes, chaînes et journaux locaux dans un premier temps,
  • distribuez vos invitations à votre sortie-événement (voir ci-après),
  • créez un site web (voir article Comment réaliser un site internet de musicien qui marche ?)
  • etc.

Étape n°16 : Créez un événement

J’ai volontairement mis cette étape tard dans la liste.

En effet, de nombreux groupes définissent le calendrier leur projet de A à Z, en choisissant très tôt la date de l’événement final, bien souvent par commodité.

La location et réservation d’une salle se fait souvent très tôt, il faut prévenir tout le monde, organiser la réception (boissons, etc.)

Le problème est qu’à chaque étape de votre planning, vous risquez des retards.

En cascades, ils peuvent devenir sacrément handicapants.

J’ai vécu cela avec 2 formations différentes.

La première fois, nous avons reçu nos CD la veille de l’événement, et la seconde le matin-même de la sortie officielle !

Je ne vous raconte pas le stresse…

À l’heure actuelle, je préfère avoir le disque en main avant de décider du jour définitif de sa sortie.

Sinon, prévoyez large dans votre planification, ou ayez au moins quelques exemplaires à distribuer le jour-J aux personnes présentes.

Étape n°17 : Songez à l’album suivant ?

Vous le voyez, les démarches sont longues.

Tellement longues qu’il arrive de penser à la suite avant même la fin de votre projet actuel.

Dans le milieu pro, certaines formations enchaînent les projets.

Faites en sorte d’être efficace, mais attention quand même à vos finances.

La vente d’un CD peut financer le prochain, mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours.

Étape n°18 : Profitez à fond !

Vous allez vivre une expérience unique et extraordinaire.

C’est à la fois un aboutissement et le début d’une belle aventure !

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Commentaires

  1. Lemusicos  mars 11, 2017

    Bonjour,
    Désolé moi, je n’appelle pas cela de l’auto production… en utilisant cette façon le produit vous reviendra plus cher en droits que de tout faire soi meme (composition, mixage, pochette, gravure) et de plus pourquoi inscrire son album à la SACEM ? vous allez récupérer une misère par rapport au travail investi (j’en ai fais l’experience). Non sérieusement, l’informatique permet aujourd’hui de tout faire soi meme. Ca demande de l’investissement dans ses compétences sur les logiciels, mais le résultat sera bien plus positif et moins couteux.
    Bonne chance à tous.

    répondre
    • Ludo LeMusicienAmateur  mars 12, 2017

      C’est vrai que pour le prix d’un album enregistré en studio pro, on peut, à peu de chose près, s’offrir le matériel pour tout faire soi-même.
      Dans ce cas, il faut prendre le temps de maîtriser le matériel, ainsi que les étapes de la prise de son au mastering.
      Et ensuite, une fois formé, on peut enregistrer autant d’albums que l’on veut !
      Sacré avantage.
      L’inscription et les déclarations SACEM peuvent être intéressantes lorsque la diffusion dépasse le cadre de la vente du CD. C’est vrai que ce que l’on touche après le paiement de la SDRM est plus que modeste. Par contre, dès lors qu’il y a des diffusions à la radio par exemple, même locale, cela devient intéressant. Ces euros m’ont permis de rentabiliser des achats de matos investis.

      Le terme d’auto-production a pour sens l’auto-financement, par opposition à un projet financé par un producteur.
      Soit on paie un studio avec un ingé-son, soit du matos et/ou des formations pour tout faire soi-même.
      Et dans tous les cas, les étapes décrites ici sont à considérer comme une chronologie des choses à faire, que ce soit seul ou avec des prestations extérieures.
      Merci beaucoup pour cette intervention et bonne continuation !

      répondre

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